Création de la Fédération Nationale des Camelots du Roi PDF Imprimer Envoyer


Charles Maurras a raconté dans ses souvenirs politiques les origines de l'Action Française. Le mouvement rassemble très vite une élite.
Entre 1904 et 1905 furent fondés les étudiants d'AF, la ligue d'Action Française. En 1908 la fondation du journal signifia le passage de la doctrine à l'Action et mit les hommes de l'AF aux prises avec le régime dans une lutte directe. Mais il devenait évident que la plume des écrivains ne suffirait pas à cette lutte, et qu'il faudrait que les hommes paient de leur personne pour répondre par des actes aux mauvaises actions du régime contre la France. Il fallait aussi et surtout préparer le renversement de la République en utilisant, en aidant les circonstances, le jour où elles se présenteraient.
Cela supposait une organisation de combat : ce fut celle qui se créa spontanément fin 1908, sous le nom de Camelots du Roi. Ceux-ci allaient engager la guerre de l'indépendance nationale contre les factions qui avaient mis la main sur l'Etat Français.
A la violence sournoise qui s'exerçait partout, contre l'âme des enfants, contre les catholiques, contre les traditions de notre pays, contre son histoire, contre la sécurité et l'honneur de la France, les Camelots du Roi allaient opposer, comme le dira plus tard Lucien Lacour, "la violence au service de la raison".
Cette violence au service de la raison, fut elle-même raisonnée, employée à fond chaque fois que l'intérêt national l'exigeait, elle ne s'est jamais lancée dans des manifestations inutiles. A chaque action décidée, une limite, scrupuleusement observée, était fixée à cette violence.
Malgré la sagesse constante des Camelots, qui étaient économes de leur propre sang comme celui de leurs adversaires, les résultats furent nombreux et brillants.
Pour mener une action à la fois aussi énergique, aussi persévérante et aussi nuancée, il fallait un commandement qui sût très clairement ce qu'il voulait, qui le voulût jusqu'au but fixé, sans rester en-deçà et sans se laisser entraîner au-delà.
Les chefs des Camelots n'avaient peut-être pas de compétence particulière au départ, mais ils avaient l'esprit libre pour regarder le but et le terrain.
Cette force de l'idée qui a conduit les Camelots a fait aussi leur dévouement, leur discipline, leur héroïsme.

L'hiver 1908-1909, qui vit la naissance des Camelots du Roi, fut l'explosion soudaine d'une jeunesse nouvelle qui, aux premiers appels de l'Action française, surgit des facultés, des bureaux et des ateliers. Elle promena, partout où le combat était nécessaire, sa joyeuse offensive pour la défence du droit et de l'honneur français.
Les manifestations étaient quotidiennes, parfois plus que cela. On manifestait dans la rue, au poste de police, devant le prétoire, dans le panier à salade, au dépôt, jusqu'aux locaux de la santé où retentissait inlassablement le chant des Camelots du Roi .

 

Si l'histoire des Camelots du Roi ne débute  qu'en 1908, le  16 octobre, il  existait depuis 1905  un  groupe d'étudiants d'Action Française qui devait former le noyau principal de l'organisation nouvelle et avait toujours pris une part active aux luttes du quartier latin.

Par exemple, en mai 1908, ils avaient entraîné leurs camarades patriotes dans des manifestations contre Charles Andler, professeur à la Sorbonne, qui venait de conduire un voyage "pacifiste" d'étudiants français à Berlin.
C'est au cours des bagarres qui eurent lieu à cette occasion que fut blessé Pierre de Pimodan, le premier blessé de l'Action Française. Pierre de Pimodan fut ensuite secrétaire général des étudiants d'AF et mourut pour la France au cours de la Grande Guerre.

 

Maxime Real del Sarte et l'article 445

L'Action Française avait démontré que cet arrêt avait été fondé sur une falsification formelle de l'article 445 du code d'instruction criminelle.
Cette forfaitude fut rappelée sans cesse et proclamée ; le gouvernement était dans l'impossibilité morale de poursuivre l'Action Française et son inaction était un aveu.
Cette situation fut encore rendue plus éclatante par l'incident du 16 octobre 1908 au cours de l'audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation, présidée par le président faussaire Ballot-Beaupré, lorsque Maxime Real del Sarte, alors inconnu de l'Action Française, interrompit le procureur général Baudouin par ce cri : "Et l'article 445".
Dans le silence abasourdi, Maxime continue : "Magistrats indignes et faussaires, il ne sera pas dit qu'un Français ne vous crachera pas au visage votre forfaiture et votre infamie."
Les policiers se jettent sur lui et l'entraînent, on croit que Ballot-Baupré va faire venir l'insulteur à la barre, comme la loi l'y oblige - comme c'est son devoirs - il se tait dans le "tragique silence de la cour".
Le perturbateur fut libéré sans poursuites...Maxime Real del Sarte se rendit aux bureaux du journal, alors rue de la Chaussée d'Antin, et y rencontra Henry des Lyons et ses camarades. Après les frères Lefèvre, premiers vendeurs à l'église Saint-François de Sales, ils se mirent à vendre le dimanche l'Action Française à la porte des églises du 17e arrondissement, puis, leur nombre s'étant accru, aux autres églises de Paris.
Dès ce moment, Maxime était reconnu par tous comme président et Henry des Lyons comme secrétaire, tandis que Maurice Pujo, membre des Comités directeurs de l'Action française, assurait les rapports nécessaires avec la ligue et le journal.
Ceux qui furent d'abord des "vendeurs volontaires" reçurent vite de la population parisienne le titre, désormais historique, de "Camelots du Roi". C'est ce terme qui fut imprimé pour la première fois dans l'Action française le 16 novembre 1908.
Leur première manifestation eut lieu le 21 novembre, à l'Odéon où ils firent cesser une matinée poétique consacrée à Zola.

Les étudiants d'AF prirent aussi une large part aux sifflets qui ne cessèrent d'accompagner le cortège officiel de la panthéonisation de Zola, honteuse cérémonie par laquelle la bande dreyfusarde prétendait imposer aux Français la consécration de sa victoire.


 
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