La reconstitution après la grande guerre

Maxime Real del Sarte et Marius Plateau lors du premier cortège de Jeanne d'Arc durant la Grande Guerre

 

Les années de guerre virent les Camelots mobilisés ou engagés volontaires quand leur jeune âge les écartait de la mobilisation immédiate.
Au front, ils firent preuve du même courage et de la même volonté de vaincre que dans les combats de la rue. Le très lourd tribut payé par leurs vies en témoigne : 80% des Camelots du Roi tombent au champs d'honneur. Sur 15 secrétaires généraux des étudiants d'avant-guerre, 13 trouvent la mort.
Les campagnes nécessaires à l'arrière furent pendant plus de quatre ans menées par le journal et son équipe dirigeante.
Après la victoire, les rangs des Camelots, comme ceux de la Ligue, étaient clairsemés. Il fallait refaire une organisation recruter et reformer.
Cela fut fait et la première grande manifestation d'après-guerre fut la fête de Jeanne d'Arc,le 19 mai1919.
Une colonne de trois kilomètres rassemblait vingt-cinq associations et la Préfecture de Police avait mis en place un important service d'ordre.
En tête : les Alsaciens-Lorrains en costume, Maurice Barrès, puis les combattants, les mutilés, les pères et mères des morts de la guerre, la jeunesse : les écoles, facultés, cours préparatoires aux grandes écoles et, enfin, l'Action française : à sa tête deux cents combattants en uniforme autour du drapeau porté par Gaston Baeetz, membre du comité et secrétaire des Camelots du Roi.
Daudet et Maurras furent l'objet d'ovation spontanées. Ils étaient suivis par les sections déjà reconstituées et les Dames d'Action française derrière leur présidente, la marquise de Mac Mahon.

Les Camelots n'étant cependant pas encore reformés en tant que tels, il fallut attendre 1920, où démarra le regroupement des anciens revenus du front et le recrutement des plus jeunes.
Le 8 mai 1921 est une date précieuse, marquée aux annales nationales : C'est la première fois, un demi-millénaire après avoir dû son Salut à Jeanne d'Arc, que la France la fêtait légalement et solennellement.
Le 16 mai 1909 un premier cortège de deux cent cinquante Camelots du Roi, repoussant les charges de la police, avait réussi à associer Paris à l'hommage qu'il allait rendre à la Bienheureuse.
En 1914, 50 000 parisiens avaient répondu à l'appel de l'Action française. Le long cortège recevait la bénédiction du clergé sur la place Saint-Augustin et s'ébranlait vers la statue de Jeanne, sa marche étant scandée par les musiques et les cliques.
L'Action française était conduite par un comité directeur, suivi par vingt sections de Paris et les 32 de banlieue, sous les acclamations d'une foule immense.
A cette époque, le comité directeur des Camelots comprenait Maxime Real del Sarte, président ; Lucien Lacour, vice-président ; Marius Plateau secrétaire général ; André Guignard secrétaire adjoint.

Défilé Jeanne d'Arc sur la place de la concorde en 1923

 

L'année 1923 amène un nouveau deuil pour les Camelots et pour l'AF : Marius Plateau est assassiné par une "balle allemande".
L'agitation révolutionnaire avait repris une nouvelle vigueur, en synchronisme, il faut le remarquer, avec les désordres de la Rhur (grèves générales, Sabotages et attentats contre les troupes françaises, plusieurs officiers, sous-officiers et soldats français assassinés).
Le 22 janvier, une fille publique, fréquentant les milieux anarchistes et fanatisée par les journaux d'extrême-gauche, après avoir tenté vainement, pendant plusieurs jours, de rencontrer Daudet ou Maurras, entrait dans les bureaux de l'AF et tuait, à coups de révolver, Marius Plateau...
On se rappelle le rôle de Marius Plateau, dès 1908, dans la création et l'organisation des Camelots du Roi.

 

 

Les premiers martyrs d'AF. Après eux tomberont
Alphonse Aufschneider, Costa Cambo, Jules Lecomte
Georges Roubaudi, Charles Lévin, Raymond Lalande,
Jean Mopin et Lucien Garniel (âgé d'à peine seize ans).
En 1935, tombe encore Marcel Langlois,
battu à mort par les communistes.

 

Il avait été du premier comité, fondé en 1909 au quartier politique de la Santé. Il devint ensuite secrétaire général.
La "Fédération nationale des Camelots du Roi" qui unissait tout les groupes de France, était son oeuvre.
Il fut (entre autres) l'ordonnateur des fêtes de Jeanne d'Arc de l'époque héroïque.
Il fut aussi un héros au combat : le 20 septembre 1914, il attirait volontairement sur lui le feu des mitrailleuses allemandes pour permettre à son bataillon de franchir une zone battue.
Blessé grièvement et trépané, il avait repris sa place à l'Action Française, jusqu'au sacrifice suprême, par la main de Germaine Berton.
Plus de 100 000 Parisiens accompagnèrent Marius Plateau lors de ses obsèques à Saint-Pierre du Gros-Caillou.
Mais, dans la soirée qui suivit l'assassinat de Marius, les Camelots du Roi ne restèrent pas sans réaction : ils envahirent les immeubles des journaux l'Oeuvre et l'Ère nouvelle qui depuis plusieurs mois poussaient au meurtre des chefs de l'AF, et saccagèrent leur matériel ; c'était le début de justes et dures représailles.
En même temps, une manifestation était organisée sur les boulevards, conduite par Maxime Réal del Sarte, Lucien Lacour et Guignard : des blessés, des arrestations, des condamnations encore...
Des réactions en chaîne se produisirent : la gauche voulait défendre Germaine Berton dans des réunions publiques, des orateurs de l'antiFrance prononçaient l'apologie de son crime et préparaient une nouvelle offensive révolutionnaire contre l'occupation de la Ruhr.
Le ministre de l'Intérieur laissait faire, il fallait réagir : les Camelots réagirent avec décision. Par exemple, alors qu'ils allaient aux Sociétés Savantes ameuter leur public contre les patriotes et chanter les louanges de la Berton, Marc Sangnier fut fessé et purgé, Violette fut enluminé à l'encre de couleur et secoué, Moutet fut rossé.

 

Les Camelots du Roi ont saccagé les locaux de "L'Ère nouvelle"
pour se venger de l'assassinat de Marius Plateau

 

Les obsèques de Marius Plateau

 

Les funérailles de Marcel Langlois, chef des Camelots du Roi de
Saint-Germain-en-Laye tué par un communiste au Pecq.

 


 
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